Au moment précis où Etzozia et ses amies virent apparaître la personne qui avait brusquement ouvert la porte, elle comprirent qu'allaient s'étaler devant leurs yeux les quatres jeunes hommes dont elles étaient venues admirés les performances scéniques. Des quatres ''stars'', et curieusement, ce fut Gustav qui le premier s'avança pour parler à la jeune fille encore allongée mais qui depuis maintenant quelques minutes se tenait sur ses coudes, essayant d'oublier la douleur que cela lui procurait.
- Bonsoir, je suis ..., commença le jeune homme.
- Gustav. Je sais., répondit aussitôt la jeune femme.
- Euhh, comment,... enfin,... ça va ?, demanda le petit blond, un peu surpris de l'aplomb de la jeune rousse.
- Oui, oui, ... ça va aller., répondit-elle de nouveau après un moment d'hésitation, la voix redevenue un peu faible.
- Tu veux qu'on appelle un medecin ?
''NONN'', voilà, elle avait retrouvé toute sa voix, elle allait jusqu'à sourire, et peut être même arriverait-elle a se remettre debout, se dit-elle tout en essayant. La question du bel androgyne lui avait fait peur. Un médecin ? Oui c'était sur qu'elle en avait besoin, mais un medecin voudrait l'examiner, et avce une telle chute il préfèrerait sûrement lui faire un bilan sanguin, histoire de s'assurer que tout allait bien, et un bilan sanguin l'amènerait tout droit à découvrir qu'elle se droguait, et ça, personne ne devait le savoir. Personne ne le savait d'ailleurs, en dehors d'elle-même, de son fournisseur attitré et de Mafalda, qui l'avait deviné malgré tout ce que faisait Etzozia pour cacher sa faiblesse, sa honte, aux yeux du monde.
Elle s'assit lentement sur son lit improvisé, cherchant a ne pas trembler, cherchant à rester droite. Mais elle n'y arriverait pas, elle avait les jambes bien trop faibles, le corps bien trop frêle pour n'esquisser ne serait-ce qu'un pas. Ses amis, le groupe, tous la regardait avec attention dans ses moindre mouvements. Elle se leva, posa un pied à terre, puis l'autre, et s'éloigna un peu du petit groupe. Tandis que Mafalda, Mercredi et les membres de Tokio Hotel faisaient connaissance, se présentaient, et commençaient même à engager la conversation, Etzozia restait là, debout, leur tournant le dos. Et seul un jeune homme qui était intrigué par la jeune fille ne prenait pas part à la covnersation qui avait débutée dans la pièce, seul un jeune homme : observait encore la jeune femme debout, stoïque, et sa magnifique chevelure rousse, sa crinère qui lui tombait jusque dans le milieu du dos et qu'il admirait ...
Elle aurait voulu faire un pas en plus, encore un seul pour arriver à la chaise juste là, mais elle n'y arrivait pas. Ses jambes, ses muscles, refusaient d'obéir et elle se sentait faiblir a toute vitesse, elle se sentait tomber, partir ... Et effectivement, elle était en train de tomber. Ses jambes l'avaient lachée, elles ne la portait plus, elle chutait. Encore. Encore une fois. Et le brun, qui la regardait toujours, le chanteur adulé de tant de jeune fille, l'androgyne intouchable et hautain, celui qui se croyait supérieur a tous, celui qui pensait ne rien devoir à personne, lui qui ne faisait que l'observer depuis le début sans rien dire, l'observer, elle, qui l'intriguait tant, lui l'avait vue tomber. Il avait vu de ses propres yeux les jambes de la jeune femme se dérober sous elle, et il avait réagi. Il s'était dit qu'il lui devait bien ça : réagir, et il l'avait fait. Il s'était précipité sur elle. Il l'avait rattrapé avant qu'elle ne touche le sol. Il l'avait prise dans ses bras. Il l'avait serrée contre son corps et l'avait délicatement déposée sur le canapé qui se trouvait là. Et les autres avaient criés, criés d'horreur face au spectacle horrible de ce corps blanc. Les autres : Mafalda, Mercredi, Gustav, Georg, et Tom, ... tous, ils ne l'avaient pas vu : le début de la chute, il avait juste entendu le bruit des genoux de Bill tombant au sol, et il avait vu sa silhouette à elle, son corps, reposant entre ses bras à lui. Et ils n'avaient pu qu'imaginer.
- Il faut appeller un médecin, et voilà c'était dit.
- Tom a raison, c'est d'un medecin qu'elle a besoin, répéta Gustav. L'évidence s'imposait, ils avaient raison, et pourtant ...
- Elle ne veut pas qu'on appeller un medecin, elle l'a dit, répliqua Mafalda, soutenant son amie comme elle le pouvait.
- Mais ils ont raison Maff' ..., commença alors Mercredi.
- Non, non ils n'ont pas raison, et je ne peux pas vous laisser faire ça, si elle ne veut pas elle a ses raisons.
- Mais enfin, quelques soient ses raisons on ne peut pas la laisser comme ça, répliqua Georg, qui jusque là n'avait pas pris la parole sur le sujet.
- Même ! Vous ne connaissez rien d'elle, vous ne pouvez pas vous permettr...
Mais, accroupi à côté du canapé, près du visage d'Etzozia, Bill avait déjà décroché son téléphone portable depuis longtemps. Et à l'instant ou Mafalda s'en rendit compte, il pronnonçait déjà les derniers mots, et le nom de l'endroit où ils étaient, et voilà, c'était trop tard. Bill n'avait pas voulu aller contre l'avis de la jeune fille, il avait seulement voulu la protéger, la sauver, comme si elle avait été une demoiselle en détresse et lui son chevalier servant. Lui qui avait pour habitude de rester distant, de ne pas s'occuper des gens, de se montrer prudent envers les autres, il avait tout de suite été intérréssé par elle, tout de suite il avait voulu savoir ce qu'elle cachait, quels étaient les secrets qu'elle gardait jalousement, pour elle, qu'elle refusait de révéler au monde et que lui, voulait découvrir. Ohh non, il n'était pas amoureux, loin de là, c'était juste qu'en la voyant là, si belle et pourtant si frêle, si fragile, si douce, elle qui paraissait pourtant si piquante, il avait voulu la connaître un peu plus, rien qu'un peu.
Cela faisait longtemps qu'il avait cessé d'avoir des relations avec d'autres personnes, et de rencontrer des filles en boîte. Avec la célébrité il avait aussi acquérit la méfiance. Et il avait peur, peur qu'elles ne veuillent toutes que se rendre célèbres en posant à ses côté, peur qu'elles ne veulent faire que coucher avec lui, peur qu'elles n'en veuillent qu'à l'argent qu'il possédait déjà si jeune. Toute la confiance qu'il donnait autrefois aux autres, celle que même plus jeune il avait accordé en abondance, allant jusqu'à faire des erreurs en l'accordant à n'importe qui, cette confiance qui l'avait détruit quand il s'était senti trahi et qu'il avait pourtant continué à donner comme bon lui semblait, cette confiance là, il la gardait maintenant pour lui, uniquement pour lui, comme un cadeau précieux qu'il n'offrait plus à n'importe qui. Et la jeune fille dont il caressait lentement les cheveux, comme pour lui procurer un peu de sa force à lui, il était prêt a lui accorder sa confiance, sans même la connaître, après tout, il ne connaissait même pas son prénom, son prénom ... si peu et pourtant tant ...
- Comment s'appelle-t-elle ?, demanda-t-il d'une petite voix, comme pour ne pas la troubler dans ce qui semblait etre un sommeil douloureux et agité par les spasmes.
- Etzozia, elle s'appelle Etzozia, répondit tout aussi doucement Mafalda.
- Etzozia ..., murmura-t-il à son oreille ...
Un peu de retard pour la suite mais elle est là quand même hein !
Et puis pour me faire pardonner elle est ... longue !
J'espère qu'elle vous plaira : diteeeesss : elle vous plaît ?
Je vous en prie, excitez vous !
Eug'.



